MES COUPS DE COEUR
Juillet/ Août 2010

 Accueil 

 Mandats, bio et commissions

Activités parlementaires

Pourvu qu'ça dure!

 Les élections,
comment ça marche?

Mes coups de coeur 

 Liens

 Me contacter

                                             La présidence du Conseil européen, késako?

Historiquement, la coordination entre les présidences successives du Conseil européen étaient minimales, ce qui entrainait des incohérences entravant le développement de priorités à long terme pour l'Union.

À partir de 2007, sur décision du Conseil de l'Union européenne, le système des « triplets » est adopté, permettant à tous les nouveaux États membres de l'UE, suite à son élargissement de 2004 et 2007, d'assumer la présidence sans devoir attendre de longues années, mais aussi surtout de rationaliser les activités du Conseil. Durant 18 mois, les trois États exerçant successivement la présidence doivent avoir un programme commun qui sera soumis à l'approbation du Conseil « Affaires générales et relations extérieures ».

Depuis l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne, le Conseil européen a un président nommé pour deux ans et demi, appellé le « Président du Conseil européen ». Le 19 novembre 2009, notre ancien premier ministre, Herman Van Rompuy est désigné comme premier président du Conseil européen. Il a pris ses fonctions le 1er janvier 2010, même si le traité de Lisbonne a pris effet dès le 1er décembre 2009.

La présidence tournante au Conseil de l'Union européenne continue toutefois à exister séparément. Elle joue un rôle significatif dans l’organisation des travaux de l’institution, notamment dans l’impulsion du processus de décision législatif et politique. Elle a pour mission d’organiser et de présider les réunions, y compris les nombreux groupes de travail et d’élaborer des compromis.

 

_________________________________________Juillet/ Août 2010___________________________________

A l'occasion de l'actuelle présidence de l'Union européenne par la Belgique, interview d'Arnaud Demolder, journaliste à Europarl TV, la télévision en ligne du Parlement européen.

Arnaud Demolder est un jeune bruxellois de 36 ans. Il travaille comme journaliste-reporter images (JRI) pour Mostra, la société de communication chargée de réaliser le fameux projet Europarl TV, lancé en 2008. Il paraissait intéressant de rencontrer quelqu'un qui vive l'Europe de l'intérieur! Nous nous sommes donc penchés sur cet homme et son travail.

Qu'est ce qui vous a amené au métier de journaliste?
J'ai été amené au journalisme parce que j'avais envie de communiquer, je suis curieux de nature et je déteste les injustices.

Depuis combien de temps êtes-vous journaliste chez Mostra? Et qu'est-ce que vous plaît dans ce job?J'ai commencé à travailler pour Mostra en mai 2008.

Ce que j'aime dans ce travail c'est que j'apprends tous les jours dans des domaines que je ne connais pas nécessairement. L' Europe est un sujet qui me passionne et l'équipe de travail est très chouette. Puis ce qui me plait aussi, c'est qu'en tant que journaliste JRI (Journaliste Reporter Images), je peux toucher à tout et avoir une liberté d'action qui est bien.

Par ailleurs, ce travail m'a aussi permis de beaucoup voyager. Je suis parti réaliser des sujets en Irlande, en Slovaquie, à Malte, à Chypre, en Croatie... Il y aussi le fait d'aller a Strasbourg 4 jours par mois, c'est gai d'être au cœur de l'actualité européenne, en tous cas parlementaire, et de voir l'Europe de l'intérieur, parce que je pense qu'il y a un manque de communication assez important par rapport à cela; la plupart des citoyens ne savent pas pourquoi, comment ça fonctionne et c'est important de le faire connaitre. Mais bon, il y a aussi des choses qui ne sont pas simples...

Qu'est ce que la neutralité pour vous (en terme de traitement de l'information)?
EPTV est une télévision parlementaire, donc il y a des limites au système. Je pense qu'il est clair que, c'est la télévision d'un parlement. Il n'y a donc pas de préférence d'un parti ou d'un autre. Ça reste au sens large de la communication sur les activités du parlement. On essaie vraiment d'être le plus neutre possible, de se rapprocher par exemple du message d'une dépêche, style AFP et de relater l'information de la façon la plus neutre possible évidemment, sans parti pris, sans éditorial, c'est du journalisme informatif.

Bruxelles est une des villes européennes avec le plus grand nombre de lobbys. Comment ceux-ci affectent-ils le travail de la Commission, du Conseil et du Parlement européen? Votre travail de journaliste est-il également influencé par celui des lobbyistes?
C'est arrivé, je ne vais pas citer de nom, mais il est arrivé que certains parlementaires reprennent tel quel le texte d'un grand lobby. Dans le domaine de la chimie par exemple. Il y avait parfois des grands « copiés-collés » de certains documents produits par les lobbys...dans la bouche de certains parlementaires, dans leurs questions... ça arrive... Ce n'est pas systématique mais ça arrive. Ça arrive à la commission européenne aussi...

Et eux rentrent en contact avec vous?
Oui bien sur, ça arrive parfois. Les lobbys sont indispensables à la vie politique européenne, cela fait partie du jeu, il ne faut pas les voir comme des ennemis, je ne le pense pas, il faut les voir comme des experts dans certains domaines... et on garde quand même une distance par rapport à cela. Si vous faites un reportage, vous pouvez aller voir ceux qui représentent les industries chimiques ou Greenpeace, WWF... on peut appeler ça des lobbys aussi.

Pour vous qui vivez « l'Europe » au quotidien, que revêt pour vous la notion « d'être européen »?
Ce qui est amusant c'est quand vous allez à l'extérieur de l'UE, vous vous rendez beaucoup plus compte de ce que c'est d'être européen, les valeurs européennes, la chance de vivre dans un espace démocratique... J'ai ressenti cela très fort en allant à Chypre.

Lorsque j'ai été, sans me présenter, c'est-à-dire clandestinement, du côté du nord Chypriote qui est sous domination de l'armée turque, si je m'étais fait contrôler, j'allais en tôle, en tous cas, j'allais devoir rendre des comptes à l'armée turque et là je me suis dis, ok, il pourrait m'arriver des choses que je ne contrôlerais pas! Lorsque les droits ne sont plus les mêmes, là on se dit « bon! »... Quand j'ai retraversé la frontière le soir et que je suis repassé du côté Sud, dans un état de l'UE, je me sentais déjà beaucoup mieux (rires). C'est là que l'on se rend compte qu'en Europe, on a la chance de vivre dans un espace de liberté. C'est difficile de répondre à cette question, mais c'est peut-être une des réponses.

Il y a le côté marché aussi car c'est vrai que l'UE est aussi fort axé sur l'économie, et là heureusement qu'il y a des règles qui sont édictées, c'est plutôt positif dans l'absolu.

En dehors de cela, il y aussi des sujets plus sensibles, comme le droit des minorités, qui sont parfois un peu plus difficile à traiter au niveau européen, parce qu'il heurte des sensibilités. La culture n'est pas la même en Roumanie qu'en Belgique, il y a des cultures différentes dans chaque pays et donc il faut faire attention... Mais, l'on peut aussi dire qu'on découvre beaucoup de cultures et ça c'est plutôt riche!

Selon vous quelle est l'image actuelle de la Belgique auprès des eurodéputés? Comment le fait de présider le Conseil de l'UE alors même que nous sommes dans une phase de transition politique est-il perçu?
Par rapport au fait que le gouvernement soit en affaires courantes, il y a quand même pas mal de critiques. Je pense aux critiques de Nigel Farage, un eurodéputé britannique qui n'arrête pas de taper sur la Belgique. Il dit que c'est un non-pays, qu'Herman Van Rompuy est une serpillère! Mais bon, c'est un eurosceptique britannique...

En quoi cette présidence du Conseil par la Belgique est-elle intéressante? Quels sont ses défis et quelles difficultés pourraient à votre avis rencontrer la Belgique?
Depuis la fonction de Président du Conseil Européen, dévolue aujourd'hui à Herman Van Rompuy, les présidences tournantes ont perdu en influence et en importance... Il y a quand même un travail sérieux et important qui est fait par Herman Van Rompuy. On a pu le voir avec la Présidence espagnole, qui a eu moins d'écho que la Présidence française durant la deuxième moitié de 2008, qui elle, était plus présente. Donc, aujourd'hui, je pense qu'il faut ré-étudier l'importance de ces présidences tournantes. Même si elles ont leur poids et leur importance, c'est Van Rompuy qui fixe l'agenda au Conseil, ce n'est plus la présidence tournante.

Cependant, aujourd'hui il y a des attentes, en fonction des priorités.

Les deux grandes priorités de la Présidence belge, sont:

  • les emplois verts ou « green jobs », et
  • les défis du vieillissement de la population

C'est quoi un emploi vert?
Il s'agit de tous les emplois qui soutiennent une optique de développement durable, en ce compris une meilleure qualité de l'emploi, ce sont des emplois qui induisent une réduction de la consommation de CO2, une meilleure qualité de l'eau... La plupart des députés veulent aussi introduire une notion de durabilité dans l'emploi et pas seulement des emplois verts au sens strict du terme; travailler dans de bonnes conditions, en CDI, dans le respect des droits sociaux avec des formations continues etc. La commission parle de la création de 2 à 22 millions d'emplois verts d'ici 2020, ça veut tout dire et son contraire. Là, ils vont commencer à préciser ce point là.

La grosse difficulté réside dans le fait que le gouvernement soit en affaires courantes. Cela affecte sa crédibilité. Les ministres vont changer en cours de route. C'est toujours un peu délicat pendant une présidence de changer de ministres. Le travail ne sera pas à recommencer parce que les dossiers sont là mais c'est encore l'inconnu, on n'en sait rien...

On entend souvent dire qu'il y a une faible présence des députés en assemblée, pour vous qui les observez quotidiennement, mythe ou réalité?
Cela dépend des moments, des sujets. Je dirais par exemple que pendant les séances plénières, parce qu'ils votent, là, il y a du monde, mais après en fonction des débats il y a plus ou moins de députés dans l'hémicycle.

Je pense aussi qu'il y a toute une partie du travail parlementaire européen qu'on oublie, c'est le travail en commission. Là, il y a des gens présents. La plupart connaissent vraiment bien leur dossier, leur sujet. C'est là que se fait l'essentiel du travail. C'est intéressant d'écouter, c'est un vrai débat politique, ce sont des vrais débats de société.

Dans tous les parlements nationaux c'est également comme ça. Au Parlement régional bruxellois, au Parlement fédéral, je pense que c'est un peu partout pareil et qu'il ne faut pas trop leur jeter la pierre par rapport à ca. Mais c'est vrai qu'une plus grande présence pourrait être positif pour l'image qu'ils rendent, ça c'est clair.

Qu'avez vous pensé des événements organisés pour le lancement de la Présidence belge du Conseil de l'UE? Est-ce uniquement la Belgique qui paie ou l'UE dispose-t-elle d'un fonds commun pour le lancement des présidences de chaque état membre?
J'ai trouvé ces événements bien faits, très bien organisés et sympathiques.

Oui, c'est la Belgique qui a financé les événements. Il n'y a pas de fonds commun aux états membres pour le financement de ces activités.

Avez-vous véritablement plus de travail durant cette Présidence que durant les autres?
Non pour moi ça ne change rien, j'ai toujours autant de travail! Mais il y a des facilités, j'ai fait un sujet sur la venue des ministres belges en commission, et j'avais évidemment plus de facilités parce que je connais bien le paysage politique belge. J'ai pu aider mes collègues européens qui ne le connaissent pas nécessairement et leur expliquer qui est qui, venant de quel parti etc, et c'était plutôt positif et agréable pour moi.

Quel regard portez vous sur le rôle de la Belgique en Europe? A l'origine, un Membre Fondateur de l'UE, la Belgique, innove-t-elle toujours? Et si oui, dans quels domaines? Quelles forces et quelles faiblesses lui voyez vous sur la scène européenne?
Je pense que la Belgique a comme une « intuition européenne ». Et je dirai qu'aujourd'hui, en positif comme en négatif, elle peut être un laboratoire. Quand on voit les conflits internes, les conflits communautaires qui règnent en Belgique! Mais il y a quand même une pression de la part du Conseil pour que cela n'explose pas. Le Conseil ne laissera jamais se faire une séparation, en tous cas, pas à brève échéance, c'est-à-dire sur 5 – 10 ans. Ce qui à mon sens, va se passer, c'est que la Belgique se séparera à moyen ou long terme. Nous allons aller vers un pays qui n'a quasiment plus rien en commun mais qui aura une unité de façade. En Belgique, tout se régionalise de plus en plus, l'Europe des régions est-il le modèle pour l'Europe? Ça, je n'en sais rien mais c'est en ce sens aussi que je vois notre pays comme un laboratoire.

Il n'y a plus d'état nation comme on l'a connu donc une grande partie de la législation nationale des pays européens finalement, c'est de la transposition de directives et de règlements, et cela très peu de gens le savent.

Enfin, quand on voit la création de la Belgique en 1830 c'était un exemple. Le modèle de constitution, le bicaméralisme comme on l'a connu, c'était ultra moderne pour l'époque. Peut-être aussi que nous vivrons une sorte de fin des états nations et davantage une Europe des régions. Il y en a qui y croient d'autres qui n'y croient pas.

Comment expliquez vous la fracture existante entre les bruxellois et les européens vivant à Bruxelles? Diriez-vous que les bruxellois pourraient créer davantage de ponts envers ces communautés qu'ils ne l'ont fait jusqu'à présent?
Je trouve qu'en fait ça se mélange pas mal! Mais de nouveau, ça dépend, même au niveau bruxellois, les populations ne se mélangent pas tant que ça; des gens qui sortent au « Jeux d'hiver » ne vont pas spécialement faire la fête à St-Josse. Donc, c'est juste un niveau de classes sociales, de centres d'intérêts.. Et puis, les « expats » se voient au quotidien dans les assemblées, dans le travail, ce n'est pas anormal qu'ils se voient aussi le soir. Il y en a aussi pas mal dont la famille vit ailleurs, donc ils se voient entre collègues, je trouve ça normal.

Je ne vois pas les gens de l'Europe comme une caste à part, sauf certains mais... voilà... Créer des ponts, oui, mais on ne peut pas obliger les gens à se voir et à se fréquenter.

La sécurité à Bruxelles et notamment au sein du quartier européen fait actuellement l'objet d'un débat important. Il est aujourd'hui le quartier le plus sécurisé de la ville, pourtant les institutions européennes clament que les agressions y sont encore trop fréquentes. Quel est votre point de vue sur la question?
Il y a plus de problèmes à Bruxelles qu'à Strasbourg, cela tient déjà du fait de la localisation. Le Parlement européen à Bruxelles est en plein centre d'une ville donc c'est vivant. A Strasbourg, il se trouve un peu en dehors, et autour il y a un petit canal. La rivière tout autour du Parlement, les gardes et la sécurité aux entrées font qu'il y a moins de problèmes.

De façon générale, un citoyen ne vaut pas moins qu'un député, il n'y a pas vraiment lieu de renforcer ce qui existe déjà à Bruxelles. C'est un faux débat, je crois que c'est exagéré. Je sais qu'il y a certains eurodéputés qui se sont fait agresser mais il y a plein de citoyens bruxellois qui se font eux aussi agresser. On ne peut pas vivre dans une bulle de toute manière non plus.

Je trouve Bruxelles une ville sûre, je ne me sens pas en insécurité quand je suis dans les alentours du Parlement. Enfin, je ne vois pas vraiment la polémique par rapport à cela. Cela vient peut-être de certains qui aimeraient ramener le Parlement à Strasbourg mais les problèmes politiques en Belgique sont beaucoup plus dangereux que quelques problèmes de délinquance autour du Parlement.



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

dernière mise à jour le 17/06/2010